Vingt-cinq écrivains dénoncent "l'interdiction de l'humour" au Maroc
Par TVDZ - TELEDZ, vendredi 12 janvier 2007 à 17:54 :: General :: #789 :: rss
Vingt-cinq écrivains marocains ont dénoncé vendredi dans une pétition "l'interdiction de l'humour" au Maroc après l'interdiction de diffusion de l'hebdomadaire Nichane et sa poursuite en justice pour avoir publié des blagues sur la politique, la religion et le sexe.
Les signataires dont Abdellatif Laâbi, Abdelhak Serhane, Ibrahim Khatib, Salim Jay, Zakia Daoud ou Christine Daure Serfaty, dénoncent une "triste vérité" qui veut que "l'humour au Maroc ne doit pas quitter la sphère privée".
"Une société qui ne rit pas d'elle-même est une société vouée à toutes les dérives bigotes et toutes les glissades extrémistes", ajoutent les signataires. Un procureur a requis lundi à Casablanca trois à cinq ans de prison contre une journaliste de Nichane, Sanaa al-Aji, et son directeur Driss Ksikès pour "atteinte à la religion et aux moeurs". Il a également réclamé l'interdiction d'exercer pour les deux journalistes et l'interdiction de leur magazine.
Le 20 décembre, le Premier ministre Driss Jettou avait annoncé dans un communiqué "l'interdiction de l'exposition sur les voies publiques ainsi que la diffusion par quelque moyen que ce soit de l'hebdomadaire Nichane".
"Interdire Nichane revient à bâillonner une expression crue, directe, qui a su mettre à nu le Maroc, ses pouvoirs occultes, ses faux semblants et le vernis de sa modernité", estiment les écrivains signataires.
"L'image du royaume ne sortira pas grandie si les deux écrivains et journalistes sont condamnés à de la prison ferme et à l'interdiction d'exercer leur métier ainsi que le réclame le procureur du roi", ajoutent-ils.
Par ailleurs, le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM, journaliste) s'est déclaré "solidaire" de l'hebdomdaire et a envoyé une lettre en ce sens au ministère de la Justice.
source TV5/AFP
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