"Une société qui ne rit pas d'elle-même est une société vouée à toutes les dérives bigotes et toutes les glissades extrémistes", ajoutent les signataires. Un procureur a requis lundi à Casablanca trois à cinq ans de prison contre une journaliste de Nichane, Sanaa al-Aji, et son directeur Driss Ksikès pour "atteinte à la religion et aux moeurs". Il a également réclamé l'interdiction d'exercer pour les deux journalistes et l'interdiction de leur magazine.

Le 20 décembre, le Premier ministre Driss Jettou avait annoncé dans un communiqué "l'interdiction de l'exposition sur les voies publiques ainsi que la diffusion par quelque moyen que ce soit de l'hebdomadaire Nichane".

"Interdire Nichane revient à bâillonner une expression crue, directe, qui a su mettre à nu le Maroc, ses pouvoirs occultes, ses faux semblants et le vernis de sa modernité", estiment les écrivains signataires.

"L'image du royaume ne sortira pas grandie si les deux écrivains et journalistes sont condamnés à de la prison ferme et à l'interdiction d'exercer leur métier ainsi que le réclame le procureur du roi", ajoutent-ils.

Par ailleurs, le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM, journaliste) s'est déclaré "solidaire" de l'hebdomdaire et a envoyé une lettre en ce sens au ministère de la Justice.

source TV5/AFP