Dans la zone franche de Tanger, il a bâti sur un terrain de 20.000m2, un immeuble de deux étages de 4.650m2 avec deux studios: l'un pour la présentation des bulletins d'information et l'autre pour les débats.

La construction et les équipements techniques ont coûté 14 millions d'euros et les frais de fonctionnement annuel sont estimés à 15 millions d'euros, qui devraient être financés par la publicité.

Cette station privée compte une centaine d'employés presque tous marocains, ainsi que 29 journalistes, moitié francophones et moitié arabophones, eux-mêmes de huit nationalités: marocaine, libanaise, syrienne, algérienne, jordanienne, tunisienne, française et suisse. La moyenne d'âge est de 28 ans.

Le capital est majoritairement marocain: 26 % à Maroc Telecom, 26 % à la Caisse des dépôts et de gestion, 14 % à la radio Medi1 et 34 % à un consortium français, la CIRT, qui compte la Caisse des dépôts et consignation.

Dans un premier temps, la télévision diffusera de 14H00 à 20H00, avec des flashs d'information de cinq minutes en arabe et en français toutes les 30', et deux grands journaux de 25 minutes dans les deux langues à 18H00 et 19H00. Umtérieurement, elle étendra ses programmes au matin puis à la soirée. Elle devrait diffuser des documentaires, des talk-shows, mais dans l'immédiat pas de production propre.

"Notre principe c'est la rigueur, l'honnêteté, la clarté d'écriture sans prendre parti", explique le directeur de la rédaction Marc Saikali, 42 ans, Français d'origine libanaise. Quand on demande à cet ancien chef du service étranger de la chaîne française FR3, si on lui a fixé des "lignes rouges", il répond par la négative. "Nous parlons du Sahara occidental et nous diffusons un sujet sur le roi du Maroc Mohammed VI si nous jugeons que cela s'impose dans l'actualité", ajoute-t-il.

Il n'y a pas de présentateur vedette: chaque journaliste écrit son commentaire, monte lui-même ses images et mixe le son sur uen technique maintenat bien éprouvée initié par LCI et i>Télé. "On joue l'empathie avec le public: les présentateurs sont sympathiques, jeunes, ne cherchent pas éblouir et n'ont pas le visage hiératique comme c'est le cas des chaînes du Golfe", explique Pierre Casalta.

Les journaux en arabe et en français ne sont pas dupliqués. "Il s'agit de les faire dans le même état d'esprit mais il faut qu'ils soient complémentaires", assure Marc Saikali.

Jeudi, c'est une journaliste algérienne, Leila Bouzidi, qui présentera le premier journal de la chaîne. "Je suis venue en raison de la réputation de la radio Medi1, qui est écoutée par environ 40 % de la population de mon pays", affirme cette femme de 31 ans qui travaillait sur la chaîne économique CNBC à Dubaï.

Cependant l'absence de reportage sur le terrain attriste des journalistes. "Je fais du desk et de la présentation: c'est très intéressant, mais je crois qu'on sera obligé de passer à la production et couvrir des événements du Maghreb", confie Anas Bensalah, un journaliste marocain, 35 ans.

D'a^rès TV5 -AFP